12 septembre 2007

Sarkozy choisit son public

Nicolas Sarkozy était hier en Bretagne pour l'inauguration d'un salon de l'élevage à Rennes. S’il n’y a pas évoqué l’avenir des fonctionnaires, il s’est en revanche senti obligé d'en remettre une couche sur les régimes spéciaux, dont l’existence est, selon lui, «indigne». Il pouvait se le permmettre. Devant des agriculteurs, il ne risquait pas d’affronter un public hostile.

07 avril 2007

Bayrou et la réforme des retraites

Le supporter zélé de la réforme Fillon

En 2003, Bayrou juge nécessaire et courageuse la réforme des retraites qui porte notamment à terme à 42 ans la durée de cotisations nécessaire pour avoir une retraite à taux plein. Refusant de voter la motion de censure présentée par les socialistes à cette occasion, Bayrou regrette même que cette réforme n’aille pas plus loin encore en terme de flexibilité : «Nous avons soutenu la réforme des retraites. Elle n'est pas exactement celle que nous souhaitions. Nous l'aurions voulue universelle, c'est-à-dire englobant aussi les régimes qu'on appelle "spéciaux", et nous l'aurions aimée plus souple, ouvrant la voie à une retraite à la carte, par points» (Bayrou, 3 juillet 2003 à l’Assemblée nationale). Critiquant la méthode du gouvernement, le président de l’UDF déclare aussi qu’il aurait préféré…la voie référendaire : «faute d’avoir recherché cet appui populaire, on a fait une réforme à moitié». Mais embarrassé, il ajoute que l’exécutif ne doit pas reculer devant la forte mobilisation sociale suscitée par la loi Fillon : «ça n’est pas passer en force que de discuter un texte et de le voter au Parlement» (Le grand Jury RTL / Le Monde / LCI, 25 mai 2003). Au final, lors des débats, les députés et sénateurs UDF ne tarissent pas d’éloges sur la réforme et votent à l’unanimité en faveur du texte. Ils refusent également de voter la motion de censure défendue par les socialistes.

Dans les pas de Sarkozy pour enterrer la retraite à 60 ans

Sur le fond, le candidat de l’UDF ne remet donc absolument pas en cause la réforme Fillon, qui a pourtant fait les preuves de son inefficacité (le déficit cumulé de la branche vieillesse depuis trois ans dépasse 7 milliards €). Il prône un «système de retraite à la carte», moins solidaire et se situe dans la logique libérale de Sarkozy, qui veut faire travailler le plus longtemps possible après 60 ans, sans garantie sur le niveau de pension. Compte tenu de la difficulté du marché de l’emploi des seniors et de la liberté de choix plus que relative dont disposent les salariés quant à leur âge de départ en retraite, cette idée est, au mieux, une illusion, au pire, un mensonge.

06 avril 2007

Hérouville : la gauche à nouveau unie

Pour les législatives, Serge Lèzement (MRC) soutient la candidature de Laurence Dumont (PS). Un premier accord avant les municipales.

« Je joue collectif. » La phrase de Serge Lèzement n'est pas un simple lieu commun. Au local hérouvillais du Parti socialiste (PS), cette simple phrase prend un sens particulier. Surtout quand elle est prononcée par un ancien de la maison, passé au Mouvement républicain et citoyen (MRC). En trois mots, le souvenir de la division de la gauche, qui a fait perdre la mairie d'Hérouville à l'ancienne majorité en 2001, est rangé au placard.Ce rapprochement entre les anciens frères ennemis ne s'est pas fait du jour au lendemain. « On a réussi à renouer le dialogue depuis 2003, retrace Emmanuel Renard, conseiller général PS et candidat suppléant aux élections législatives sur la deuxième circonscription. On a réussi à se dire les choses. »Surtout, l'opposition au député-maire Rodolphe Thomas (UDF) scelle l'unité. Les premiers échanges portent sur « la question de la privatisation de l'eau », souligne Emmanuel Renard. « Un contexte particulier » d'un « député-maire de droite », selon Serge Lèzement, auquel il faut ajouter une série de signes : « Le renouvellement de la classe politique, les rapports beaucoup moins tendus, les forums de discussion, les élections régionales. »Finalement, un accord survenu au plan national dans les états-majors des deux partis a fini de balayer les dernières interrogations. « C'est un rassemblement pour jouer la gagne face à l'importance des enjeux », se félicite Laurence Dumont, candidate PS aux élections législatives. « Je remercie Serge, une figure politique d'Hérouville. » Ce dernier apporte son soutien pour la présidentielle et les législatives, pour « lutter contre le chômage, relever la République, réactiver ses valeurs, le civisme et la sécurité, mettre sur pieds un projet égalitaire et émancipateur, travailler pour défendre l'école, le service public, la santé ».Ce soutien semble en préfigurer un autre, pour les municipales de 2008. « Les camarades de l'ensemble de la gauche vont devoir se positionner. Chacun jouera son rôle », assure Serge Lèzement. Comme dans une équipe.
Josué JEAN-BART.
Ouest-France