16 juin 2007

4 jours

Il m'aura fallu 4 jours pour digérer la victoire de Madame Coupe-ruban. Félicitations à Damien et Gabrielle pour la campagne courageuse qu'ils ont mené face à la machine UMP.

07 juin 2007

Sondage

Donnez nous votre opinion sur l'aptitude de  Damien Cesselin à vous représenter à l'Assemblée Nationale. Cliquez sur le lien ci-dessous.

http://www.pouroucontre.com/cgi-file/vote.cgi?num=60412

Qui est ministre de l'Intérieur ?


Bien plus que Michèle Alliot-Marie, c'est Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, qui est désormais le premier flic de France

Ya-t-il encore un ministre de l'Intérieur place Beauvau ? Certes, Michèle Alliot-Marie occupe le bureau Empire de Cambacérès. Mais elle va avoir du mal à s'attribuer le titre de « première fliquette de France ». Depuis le 6 mai, le centre de gravité de la maison Police a basculé de l'autre côté de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. A l'Elysée ! Depuis 2002, la police, c'était Sarko. C'est bien parti pour continuer tant le nouveau président s'échine à dépouiller son ancien fief de l'Intérieur de quelques-unes de ses prérogatives les plus sensibles, comme les reconduites à la frontière. La lutte contre l'immigration clandestine est ainsi placée sous la responsabilité d'un nouveau ministère ad hoc, confié à son ami de trente ans, Brice Hortefeux. « Nous gardons la responsabilité de la police de l'air et des frontières , tempère-t-on à Beauvau. Mais elle est, c'est vrai, à la disposition du ministre de l'Immigration autant que de besoin. » Autre démembrement, plus subreptice mais bien réel, les services de renseignement et la lutte antiterroriste. Eux aussi ont déjà été mis sous le boisseau élyséen. Bien sûr, les Renseignements généraux et la DST restent des services de police à part entière. Mais le nouveau pouvoir a l'intention de les placer sous la férule d'une nouvelle Direction générale de la Sécurité intérieure ( DGSI ). Celle-ci sera vraisemblablement dévolue à Bernard Squarcini, un vrai pro... connu pour son sarkozysme de coeur. « Squarce » rapporterait d'ailleurs directement au Conseil de Sécurité intérieure, une instance élyséenne, désormais coordonnée par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, fidèle bras droit du président. Le vrai pouvoir sera là. Difficile, dans ces conditions, pour MAM d'exister. A peine nommée, la nouvelle ministre a d'ailleurs été dépouillée de son pouvoir d'influence sur la haute hiérarchie policière. La première nomination de l'après-6 mai, celle de directeur général de la Police nationale ( DGPN ), lui a totalement échappé ! Voilà Frédéric Péchenard, grand flic et copain d'enfance du nouveau président, bombardé chef de la police. Une promotion éclair : Péchenard, à peine 50 ans, venait juste de prendre la tête du Quai-des-Orfèvres et n'avait pas eu le temps de s'y imposer véritablement. Une rupture de la tradition aussi : le poste de DGPN est traditionnellement dévolu à un préfet. Pas à un enquêteur. Or Péchenard, flic de terrain, ancien patron de la Crime et de la Brigade de Répression du Banditisme ( BRB ), n'a jamais fait mystère de son peu de goût pour les palabres syndicales. Reste l'intérêt stratégique du poste de chef de la police confié à ce fidèle : chaque soir vers 17 heures, il reçoit la synthèse des principales affaires du jour. Avant le ministre de l'Intérieur. MAM n'a pas non plus été consultée pour le préfet de police de Paris, autre tour de contrôle des affaires sensibles. Le poste échoît à Michel Gaudin, encore un pilier de la sarkozie. MAM n'a rien pu faire. La ministre n'a même pas eu le droit de choisir son directeur de cabinet. Le président lui a imposé un fidèle, Michel Delpuech. Préfet des Hauts-de-Seine entre 2003 et 2006, celui-ci avait l'habitude de retoucher lui-même les notes des responsables policiers du sarkoland avant de les envoyer directement au cabinet du ministre, court-circuitant ainsi les directeurs centraux du ministère. Bref, un homme du président. Un vrai.

 

Olivier Toscer
Le Nouvel Observateur

04 juin 2007

Lettre du Maire de Colombelles en réponse au tract mensonger de la candidate UMP

Cliquez sur le lien ci-dessous pour prendre connaissance du courrier de Colin SUEUR, Maire de Colombelles, en réponse au tract mensonger de Nicole Ameline distribué dans les boites à lettres de Colombelles la semaine dernière.

N'hésitez pas à le diffuser pour montrer les méthodes puantes de l'UMP. 

Gilles.

 

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22 mai 2007

Meeting de lancement de campagne à Pont l'Evêque

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Lundi soir, se déroulait le premier meeting de la campagne de Damien Cesselin. Plus de 200 personnes étaient présentes dans la Halle de Pont l'Evêque.  Un meeting très militant avec les discours attendus de Philippe Duron et Damien Cesselin.

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Après le meeting, les militants se sont retrouvés autour d'un buffet accompagnés par le groupe fanfare "Salade de bruits".

A la sortie, quelques personnes ont eu l'agréable avantage de bénéficier d'un contrôle d'alcoolémie organisé par la gendarmerie nationale en sortie de Pont l'Evêque. 

21 mai 2007

La santé

Malgré la multiplication des réformes en trompe-l’oeil et des effets d’annonce, le double bilan de la droite en matière de santé est celui du creusement sans précédent des inégalités et du recul du service public. C’est donc à juste titre que nombre de nos concitoyens se disent préoccupés par l’avenir de notre système de santé solidaire.
Les annonces relatives à l’établissement de nouvelles franchises renforcent les légitimes inquiétudes. La santé brasse aujourd’hui des moyens dépassant largement ceux de l’Education nationale, et son financement engage à l’évidence les générations futures. Notre premier devoir est de convaincre qu’il existe bel et bien une politique de santé de droite, incapable d’assurer l’équilibre financier du système et privilégiant l’individualisme et le court terme, et une politique de santé de gauche fondée sur un esprit de responsabilité financière au service de l’égalité d’accès aux soins et de la préparation de l’avenir.

Remise à plat du plan Douste-Blazy

Le système de santé va mal, la réforme de 2004 n’ayant rien traité de ses principales difficultés. Le retour à l’équilibre des comptes de l’assurance-maladie annoncé pour 2007 n’a pas eu lieu, il faut s’attendre à plus de 4 Mds € de déficit cette année, amenant la dette sociale cumulées sur cinq ans au niveau inégalé de 50 Mds €. Le système de médecin traitant se réduit à une invraisemblable bureaucratie, peu lisible pour les assurés sociaux et facteur de dissuasion pour les plus démunis. Nous remettrons donc à plat le dispositif Douste-Blazy, en supprimant les forfaits non remboursés et en réévaluant le parcours de soins.
Le moyen le plus sûr de conforter financièrement les régimes sociaux est de conduire une politique économique dynamique, et non de culpabiliser les malades au risque d’une détérioration coûteuse de la santé publique. Si des financements nouveaux s’avéraient toutefois nécessaires pour faire face aux enjeux du vieillissement démographique, nous les définirions en concertation étroite avec les partenaires sociaux, les associations de malades et les professions de santé.

Priorité à l’hôpital public

L’hôpital est la colonne vertébrale de notre système. Il assure les grandes missions de service public (urgences, action sociale, formation, recherche) et représente à ce titre la majorité de nos dépenses de santé. Or, la droite n’a eu de cesse depuis cinq ans de pénaliser financièrement les établissements publics, en alignant leur gestion sur celle des cliniques privées. Nous porterons un coup d’arrêt à la convergence public-privé, et la spécificité de la mission de l’hôpital public sera reconnue à travers un plan de relance de 2,5 Mds € sur cinq ans.

Préparation de l’avenir

Pour relever les défis du vieillissement et des nouvelles technologies, nous dynamiserons le secteur économique de la santé dans une perspective de long terme. Nous anticiperons les besoins en personnel médical et nous développerons un programme de recherche et développement ambitieux en matière de santé. L’effet de levier lié à l’augmentation des crédits de la recherche publique sera optimisé par la promotion des synergies public-privé dans ce domaine. Ainsi, la politique de recherche sera véritablement renforcée.

Lutte contre les dépassements d’honoraires et les refus de soins

Les patients ont payé un lourd tribut à la réforme de 2004, puisque les dépassements d’honoraires ont atteint 2 milliards d’euros sur la seule année 2006. Nous reviendrons sur les mesures de facilitation des dépassements, et demanderons que les institutions concernées prennent les sanctions nécessaires face aux abus. Nous veillerons à ce que les bénéficiaires de la CMU et de l’AME soient reconnus dans leurs droits (sanction des refus de soins) et nous redonnerons toute leur dimension à ces dispositifs en supprimant les obstacles administratifs imposés par la droite (condition de résidence de trois mois notamment).

Développement de la prévention

Nous mettrons fin à l’hémiplégie de notre système de santé établie au profit du seul curatif, car ce sont bien les progrès de l’hygiène, des modes de vie, de l’environnement et de l’alimentation qui se trouvent particulièrement à la source des progrès de l’espérance de vie. Ainsi, nous passerons enfin d’une politique de soins à une politique de santé, fondée sur la prévention et le lien social. Cette évolution passera par la tenue d’un grand plan de prévention des maladies graves, l’expérimentation de forfaits de prévention rémunérant les médecins libéraux assurant un suivi préventif et d’éducation à la santé d’une population donnée et par une large concertation sur les moyens de rendre les citoyens acteurs de leur propre santé.
Relance de la démographie médicale

Nous nous engageons à implanter 500 maisons de santé dans les zones rurales et périurbaines sous-médicalisées. Ces structures seront adossées à des établissements hospitaliers et favoriseront le rapprochement des filières de l’hôpital, de la médecine de ville et du médico-social. Ces services de proximité auront l’avantage de répondre au défi de la démographie médicale par la mutualisation des moyens logistiques et l’adaptation à la demande croissante de conditions de travail facilitées émanant du corps médical. Par ailleurs, nous organiserons une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans la santé, comme ceci existe dans d’autres secteurs avec délégations et transferts de tâches. Des bourses d’études incitatives et des aides à l’installation seront attribuées aux médecins libéraux acceptant de s’installer dans les zones aujourd’hui désertées.

Dialoguez en direct avec Damien Cesselin

Damien Cesselin organise un « chat », le mardi 22 mai de 16 heures à 20 heures. Les internautes pourront lui poser leurs questions en direct. Tous les thèmes pourront être abordés, qu’ils concernent la politique nationale ou les dossiers locaux.

Pour atteindre la page d’accueil du chat, cliquez ici

 

16 mai 2007

Suivez la campagne !

Les réunions du changement

Pour présenter ses propositions aux citoyens de la circonscription, Damien Cesselin organise 30 réunions publiques dans les 3 semaines à venir.

Lundi 21 mai, 19h : PONT-L’ÉVÊQUE
(halle du marché couvert, meeting de lancement de campagne avec Philippe DURON, président de la Région Basse-Normandie, suivi d’un buffet dînatoire animé par l’orchestre-fanfare Salade de Bruits)

Mardi 22 mai, 20h30 : COLOMBELLES
(salle Dumas, rue Émile Dumas)

Mercredi 23 mai, 18h : TOUQUES
(Mairie, salle du Conseil)

Mercredi 23 mai, 19h15 : DEAUVILLE
(salle des fêtes, av. de la République)

Mercredi 23 mai, 20h30 : VILLERS-SUR-MER
(salle Bagot, rue du Ltn Bagot)

Jeudi 24 mai, 19h : COURTONNE-LA-MEURDRAC
(salle des fêtes)

Jeudi 24 mai, 20h30 : COQUAINVILLIERS
(Mairie, salle du Conseil)

Vendredi 25 mai, 20h30 : CAMBREMER
(Mairie, salle du Conseil)

Mardi 29 mai, 19h : BONNEBOSQ
(Mairie, salle du Conseil)

Mardi 29 mai, 20h30 : PONT-L’ÉVÊQUE
(salle municipale, 18 rue Thouret)

Mercredi 30 mai, 19h : HONFLEUR
(Le Canteloup, salle de La Chaloupe)

Mercredi 30 mai, 20h30 : LA-RIVIÈRE-ST-SAUVEUR
(salle polyvalente, chemin du Banc)

Jeudi 31 mai, 18h : DOZULÉ
(salle des fêtes, av. Georges Landry)

Jeudi 31 mai, 19h15 : SAINT-SAMSON
(Mairie, salle du Conseil)

Jeudi 31 mai, 20h30 : BAVENT
(hall du complexe sportif Gustave Frion)

Vendredi 1er juin, 18h30 : HOULGATE
(Mairie, salle des fêtes)

Lundi 4 juin, 18h : DIVES-SUR-MER
(centre Pablo Neruda, pl. Aristide-Briand)

Lundi 4 juin, 19h15 : MERVILLE-FRANCEVILLE
(camping municipal, route de Cabourg)

Lundi 4 juin, 20h30 : RANVILLE
(Mairie, salle du Conseil)

Mardi 5 juin, 18h30 : TROUVILLE-SUR-MER
(salle des congrès, derrière le casino)

Mardi 5 juin, 20h30 : HONFLEUR
(Petit Grenier à sel)

Mercredi 6 juin, 18h : BEUVILLERS
(Mairie, salle du Conseil)

Mercredi 6 juin, 19h15 : MOYAUX
(Foyer espace culturel, rue Jean Monnet)

Mercredi 6 juin, 20h30 : BLANGY-LE-CHÂTEAU
(Mairie, salle du Conseil)

Jeudi 7 juin, 18h : SAINT-BENOÎT-D’HÉBERTOT
(Mairie, salle du Conseil)

Jeudi 7 juin, 19h15 : SAINT-GATIEN-DES-BOIS
(Foyer des jeunes)

Jeudi 7 juin, 20h30 : ÉQUEMAUVILLE
(salle des anciens)

Vendredi 8 juin, 18h : HÉROUVILLETTE
(Mairie, salle du Conseil)

Vendredi 8 juin, 19h15 : AMFRÉVILLE
(Mairie, salle du Conseil)

Vendredi 8 juin, 20h30 : CABOURG
(Mairie, salle des fêtes)

Votez Damien Cesselin

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09 mai 2007

Hommage de Bernard-Henri Lévy à Ségolène Royal

Eh bien oui.

Au risque de surprendre, je pense que Ségolène Royal a fait une bonne campagne.

Elle a perdu, c’est entendu.

Et perdu plus lourdement que ne le donnaient à penser, ces derniers mois, les prévisions.

Mais elle a perdu pour des raisons que l’on commence à bien cerner et dont je prétends, moi, qu’elles sont à son honneur.

Elle a été diabolisée, d’abord. On a beaucoup parlé - et on avait raison - de la tentative de diabolisation dont fut victime son adversaire. Mais autrement plus insidieuse, donc plus ruineuse, fut la diabolisation qui l’a poursuivie, elle, depuis ses premiers pas. Incompétente quand elle la fermait ; agressive quand elle l’ouvrait… N’ayant rien à dire quand elle prenait le temps d’écouter ses électeurs ; scandaleuse quand elle rompait le silence (les 35 heures) ou brisait les orthodoxies (ses prises de position, si courageuses, sur le nucléaire iranien ou le Darfour)… Bécassine, enfin, avant son débat avec Sarkozy ; Cruella après et, surtout, pendant - quand elle a commis le crime de lèse future majesté de l’interrompre, interpeller, ne rien laisser passer, le mettre dans les cordes… Ce n’est plus une femme, gronda la rumeur, c’est une sorcière. Ce n’était plus la douce, la maternelle Ségolène, c’était un bretteur, une tueuse - voyez ces yeux minces où passent des épées de feu ; entendez cette voix de mauvaise sirène, une octave trop haut, si dure… Ah l’increvable misogynie des Français et souvent, malheureusement, des Françaises ! J’ai aimé, moi, cette dernière image dans ce dernier débat. J’ai aimé la stature qu’elle a prise à cet instant - et la belle droiture qui émanait de son regard et de son port. Elle honorait la gauche, cette droiture. Et elle honorait la France.

Elle a livré bataille, deuxièmement, à un moment d’inflexion, mais encore, hélas, de suspens, où il devenait clair que la vieille stratégie d’union des gauches n’avait plus de chance de l’emporter mais où la nouvelle stratégie d’alliance avec le centre restait trop insolite, inédite, bref, révolutionnaire, pour passer le cap des hypothèses et retourner, réellement, les esprits. Madame Royal a dit les mots qu’il fallait dire. Elle a fait les gestes qu’il fallait faire. Peut-être, d’ailleurs, le grand débat de la campagne, celui qui restera, celui qui fit bouger les lignes en même temps que, au passage, les liturgies cathodiques, fut-il ce débat avec Bayrou dont elle a pris l’initiative et qui ouvrait, on le verra maintenant très vite, un vrai nouveau chapitre de l‘histoire politique française. Mais voilà… Il était trop tôt... On a dit, ici ou là, qu’il était trop tard, que c’est avant qu’il fallait le dire, avant qu’il fallait le faire, etc. Non, voyons. Le contraire. Il était trop tôt dans le siècle. Trop tôt dans l’histoire du pays. Sauf que c’est elle, Madame Royal, qui, trop tôt ou trop tard, l’aura fait. Sauf que, ce big bang rêvé par les uns, annoncé par les autres, c’est elle, et personne d’autre, qui l’aura osé et déclenché. Pour cela, elle restera. Pour cela, même si elle a perdu, elle a gagné.

Et puis il faut bien reconnaitre, enfin, que Nicolas Sarkozy a été bon. Vraiment bon. Je veux dire par là qu’il a su surfer, avec un mélange de talent et de cynisme non moins remarquables l’un que l’autre, sur une vague de fond dont il semble que tout le monde ait, à part lui, sous-estimé la terrible puissance. Qui, parmi les commentateurs, avait-il prévu que l’éloge d’une France qui n’a jamais commis, sic, de crime contre l’humanité puisse faire recette à ce point, douze ans après les paroles de Jacques Chirac reconnaissant, au Vel d’Hiv, notre participation au crime nazi ? Qui imaginait de tels hurlements de joie et, au fond, de soulagement, chaque fois que fut dit et redit, de meeting en meeting, que la France ex-coloniale n’était coupable de rien, qu’elle n’était en dette vis-à-vis de personne et qu’elle devait être fière, au contraire, de son œuvre civilisatrice ? Qui, encore, pouvait deviner que le traumatisme de Mai 68 fût resté si vif dans les esprits que l’appel répété à « liquider » - quel mot ! – l’héritage du « parti des voyous et des casseurs » puisse faire jaillir, lui aussi, de tels geysers de fiel, de joie triste et de ressentiment ? Madame Royal a résisté à ce discours. Fidèle à la ligne tenue, sur ces sujets, peu ou prou, par nos deux derniers Présidents, elle a tenté d’endiguer ce flot de haine et de rancune. Et, de cela aussi, je lui sais gré.

Je ne parle pas - car seul le mauvais esprit gaulois en a douté - du sang-froid dont elle a fait montre, d’un bout à l’autre de l’aventure.

Je n’insiste pas - encore que le fait fût unique dans notre histoire électorale - sur la double bataille qu’il lui a fallu mener : l’une, publique, contre son adversaire; l’autre, secrète, contre les siens.

Et je n’évoque que pour mémoire, enfin, le ton et, comme dit un poète qu’elle affectionne, le « frisson nouveau » qu’elle a fait passer dans cette vieille musique socialiste qui n’en finissait pas de mourir et qui n’attendait, peut-être, que ce salutaire coup de grâce.

Tout cela, elle l’a fait. Et il faut espérer que s’en souviennent ceux qui, à partir de ce lundi matin, vont être tentés de se livrer au petit jeu de la chasse à la sorcière ou de la production de la chèvre émissaire.

Ségolène Royal est loin d’avoir dit son dernier mot – et c’est tant mieux.

Bernard-Henri Lévy

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