09 mai 2007
Hommage de Bernard-Henri Lévy à Ségolène Royal
Au risque de surprendre, je pense que Ségolène Royal a fait une bonne campagne.
Elle a perdu, c’est entendu.
Et perdu plus lourdement que ne le donnaient à penser, ces derniers mois, les prévisions.
Mais elle a perdu pour des raisons que l’on commence à bien cerner et dont je prétends, moi, qu’elles sont à son honneur.
Elle a été diabolisée, d’abord. On a beaucoup parlé - et on avait raison - de la tentative de diabolisation dont fut victime son adversaire. Mais autrement plus insidieuse, donc plus ruineuse, fut la diabolisation qui l’a poursuivie, elle, depuis ses premiers pas. Incompétente quand elle la fermait ; agressive quand elle l’ouvrait… N’ayant rien à dire quand elle prenait le temps d’écouter ses électeurs ; scandaleuse quand elle rompait le silence (les 35 heures) ou brisait les orthodoxies (ses prises de position, si courageuses, sur le nucléaire iranien ou le Darfour)… Bécassine, enfin, avant son débat avec Sarkozy ; Cruella après et, surtout, pendant - quand elle a commis le crime de lèse future majesté de l’interrompre, interpeller, ne rien laisser passer, le mettre dans les cordes… Ce n’est plus une femme, gronda la rumeur, c’est une sorcière. Ce n’était plus la douce, la maternelle Ségolène, c’était un bretteur, une tueuse - voyez ces yeux minces où passent des épées de feu ; entendez cette voix de mauvaise sirène, une octave trop haut, si dure… Ah l’increvable misogynie des Français et souvent, malheureusement, des Françaises ! J’ai aimé, moi, cette dernière image dans ce dernier débat. J’ai aimé la stature qu’elle a prise à cet instant - et la belle droiture qui émanait de son regard et de son port. Elle honorait la gauche, cette droiture. Et elle honorait la France.
Elle a livré bataille, deuxièmement, à un moment d’inflexion, mais encore, hélas, de suspens, où il devenait clair que la vieille stratégie d’union des gauches n’avait plus de chance de l’emporter mais où la nouvelle stratégie d’alliance avec le centre restait trop insolite, inédite, bref, révolutionnaire, pour passer le cap des hypothèses et retourner, réellement, les esprits. Madame Royal a dit les mots qu’il fallait dire. Elle a fait les gestes qu’il fallait faire. Peut-être, d’ailleurs, le grand débat de la campagne, celui qui restera, celui qui fit bouger les lignes en même temps que, au passage, les liturgies cathodiques, fut-il ce débat avec Bayrou dont elle a pris l’initiative et qui ouvrait, on le verra maintenant très vite, un vrai nouveau chapitre de l‘histoire politique française. Mais voilà… Il était trop tôt... On a dit, ici ou là, qu’il était trop tard, que c’est avant qu’il fallait le dire, avant qu’il fallait le faire, etc. Non, voyons. Le contraire. Il était trop tôt dans le siècle. Trop tôt dans l’histoire du pays. Sauf que c’est elle, Madame Royal, qui, trop tôt ou trop tard, l’aura fait. Sauf que, ce big bang rêvé par les uns, annoncé par les autres, c’est elle, et personne d’autre, qui l’aura osé et déclenché. Pour cela, elle restera. Pour cela, même si elle a perdu, elle a gagné.
Et puis il faut bien reconnaitre, enfin, que Nicolas Sarkozy a été bon. Vraiment bon. Je veux dire par là qu’il a su surfer, avec un mélange de talent et de cynisme non moins remarquables l’un que l’autre, sur une vague de fond dont il semble que tout le monde ait, à part lui, sous-estimé la terrible puissance. Qui, parmi les commentateurs, avait-il prévu que l’éloge d’une France qui n’a jamais commis, sic, de crime contre l’humanité puisse faire recette à ce point, douze ans après les paroles de Jacques Chirac reconnaissant, au Vel d’Hiv, notre participation au crime nazi ? Qui imaginait de tels hurlements de joie et, au fond, de soulagement, chaque fois que fut dit et redit, de meeting en meeting, que la France ex-coloniale n’était coupable de rien, qu’elle n’était en dette vis-à-vis de personne et qu’elle devait être fière, au contraire, de son œuvre civilisatrice ? Qui, encore, pouvait deviner que le traumatisme de Mai 68 fût resté si vif dans les esprits que l’appel répété à « liquider » - quel mot ! – l’héritage du « parti des voyous et des casseurs » puisse faire jaillir, lui aussi, de tels geysers de fiel, de joie triste et de ressentiment ? Madame Royal a résisté à ce discours. Fidèle à la ligne tenue, sur ces sujets, peu ou prou, par nos deux derniers Présidents, elle a tenté d’endiguer ce flot de haine et de rancune. Et, de cela aussi, je lui sais gré.
Je ne parle pas - car seul le mauvais esprit gaulois en a douté - du sang-froid dont elle a fait montre, d’un bout à l’autre de l’aventure.
Je n’insiste pas - encore que le fait fût unique dans notre histoire électorale - sur la double bataille qu’il lui a fallu mener : l’une, publique, contre son adversaire; l’autre, secrète, contre les siens.
Et je n’évoque que pour mémoire, enfin, le ton et, comme dit un poète qu’elle affectionne, le « frisson nouveau » qu’elle a fait passer dans cette vieille musique socialiste qui n’en finissait pas de mourir et qui n’attendait, peut-être, que ce salutaire coup de grâce.
Tout cela, elle l’a fait. Et il faut espérer que s’en souviennent ceux qui, à partir de ce lundi matin, vont être tentés de se livrer au petit jeu de la chasse à la sorcière ou de la production de la chèvre émissaire.
Ségolène Royal est loin d’avoir dit son dernier mot – et c’est tant mieux.
Bernard-Henri Lévy
15:00 Publié dans Campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicole ameline, colombelles, ameline, damien cesselin, gabrielle gilbert, Philippe augier, calvados
08 mai 2007
La croisière s'amuse...
Après avoir passé sa première nuit de président à l'Hôtel Fouquet's Barrière, prix de la suite entre 1.500 et 2.590 euro la nuit, Sarko, le Président des "53% de gens aisés de France", a quitté Paris lundi midi, à bord de l'appareil privé (Falcon 900 EX) de Vincent Bolloré. Atterrissage à la Valette, la capitale de Malte. Là, Sarko et les siens montent à bord d'un yacht de luxe. Le navire mouille dans une baie de l'île avant de faire cap sur la Sicile mardi matin. Des photographes auraient observé au téléobjectif Sarko et son fils sur le pont. Selon "Capital", le nouveau président se trouve à bord du "Paloma", là encore propriété de Vincent Bolloré. Un yacht de 60 mètres, construit en 1965, racheté par l'industriel breton en 2003 pour 2,5 millions d'euros. Il lui en aura couté 5 millions supplémentaires de rénovation. Ce bateau peut accueillir 12 invités en plus des 17 membres d'équipage. On y trouve quatre écrans plasma géants, une télé satellite, un jacusi, un karaoké, une décoration digne d'un palace... Les photos sont disponibles sur les sites de location de navire de luxe, à partir de 173.000 euros la semaine.
Même si Sarkozy ne paye pas (il serait l'invité de son ami Vincent Bolloré), une telle débauche de moyens ne laisse pas sans voix. C'est tout de même très étrange. C'est un signe qui est donné au pays et qui est assez incompréhensible par rapport au discours qui a été tenu, on veut y voir la marque "d'un autre monde. Nous étions prévenu. M. Sarkozy n'a jamais dit qu'il serait le président des petits pauvres. Certains petits pauvres sont sourds, c'est bien dommage. Sarkozy, c'est le président du CAC 40. Nous verrons bien si cela a une traduction dans les élections législatives. C'est le moment où les Français vont dire ce qu'ils pensent de cette sorte de comportement.
22:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole ameline, dives, honfleur, bollore, la paloma, johnny, colombelles
07 mai 2007
J'ai mal dormi
Le verdict est tombé. Nous venons d'en prendre pour cinq années. Dommage que certains n'aient pas pris la mesure de ce qui les attend.
Je pense à ces ouvriers, employés, qui sont sous le joug de leur patron et qui ont cru au "travailler plus pour gagner plus". Ils déchanteront bientôt quand au mieux ils auront travaillé plus au prix de plus de risques pour leur santé et quand au pire leur patron ne leur octroiera aucune heure supplémentaire.
Je pense à ces retraités qui ne voient pas depuis cinq ans leur pension ou leur retraite augmenter et auxquels Sarkozy n'a fait aucun cas. La casse du système social ne leur permettra bientôt plus de renouveler leurs lunettes, leurs appareils dentaires ou auditifs. Les déremboursements de médicaments vont eux aussi aller en s'amplifiant.
Le 7 mai à treize heures, j'ai allumé ma télé par habitude pour regarder les infos, Sarkozy, par ci, Sarkozy par là. Bref à 13h12 et vous noterez que je suis patient, je passe sur la 3. Trente millions d'amis, j'aime les chiens, eux sont fidèles. Non je ne parle pas d'amour mais d'idées. Donc, je passe sur Trente millions d'amis et vlan ! un reportage sur les chiens policiers. J'ai mal dormi et maintenant j'ai mal à la tête.
Enfin, j'ai quand même appris des choses depuis ce 6 mai au soir. J'ai peut-être exagéré. Sarko n'est peut-être pas si mauvais. Enfin, comment dire, ce défenseur des travailleurs, aimant à citer Jaurès, a commencé sa soirée de victoire par un... dîner au Fouquets puis il y a passé sa nuit dans l'Hôtel du même nom. Au cours de la matinée, il a pris discrètement la tangente, au passage la police a emêché les journalistes de le suivre. (syndrome Lady Di ?) Et j'apprends quoi ? il s'est envolé pour Malte dans un Jet Privé où l'attendait un Yacht privé.
Je vais retourner me coucher, j'ai mal dormi cette nuit et maintenant j'ai mal à la tête.
23:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole ameline, colombelles, ameline, damien cesselin, gabrielle gilbert, Philippe augier, calvados
Frédéric Chazal Candidat UDF à la place de Philippe Augier
Après le désistement de Philippe Augier, c'est Frédéric Chazal, Maire de Sallenelles qui s'y colle.
11:25 Publié dans Campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Frédéric Chazal, Claude Ecobichon, Colin sueur, Xavier Madelaine, Damien cesselin, Gabrielle Gilbert
